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Histoire d'un héros canadien.

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Histoire d'un héros canadien.

Message  olden le Sam 23 Avr 2016 - 8:14

par Jordan Slump
Jordan Slump est un étudiant de 13 ans qui vient de Troy, Ontario. Dans son discours, Jordan raconte les expériences de son grand-oncle, Gaele Visser, un soldat de l'Armée canadienne lequel est mort en se battant près de Wilhelmshaven en Allemagne, le 23 avril 1945.

La plupart d'entre vous avez probablement un héros favori! Il peut s'agir de Spiderman (l'homme-araignée), de Superman (le surhomme), ou même Dr Phil! Mais aujourd'hui, permettez-moi de vous présenter mon héros! Il s'appelle Gaele Visser.

Honorables juges, chers parents, professeurs et camarades de classe, mon discours porte sur mon grand-oncle, le soldat Gaele Visser. Je vous parlerai de sa vie et du rôle qu'il a joué dans la Seconde Guerre mondiale.

Mon oncle est né le 28 août 1921, à Haskerhorne, Friesland, aux Pays-Bas. Dans les années 1930, lui et sa famille ont immigré au Canada et se sont installés dans le village de Millgrove. Pendant toute sa vie, mon oncle a été un jeune homme très populaire et très doué. Il connaissait très bien la Bible et avait une grande foi en Dieu qui se manifestait clairement dans les lettres qu'il écrivait à sa famille pendant la guerre. Il était membre actif du groupe des jeunes de son église. Il était un frère merveilleux et un fils aimant et dévoué. Pendant qu'il était dans l'armée, sa mère disait que Gaele ne pouvait pas tuer, parce qu'il était si doux. C'était bien vrai! Ma tante Jennie m'a raconté qu'il a même demandé et essayé d'être muté aux Premiers soins afin de ne pas avoir à tirer sur l'ennemi et à le tuer. Il prenait toujours la défense des plus petits ou des plus faibles. Il apportait toujours son aide en cas de besoin. Il était une grande source d'inspiration pour tous, et sa bonne humeur était contagieuse. Il était un citoyen canadien soucieux de politique et aimait son pays et ses concitoyens. Il apprenait aussi très bien à l'école et a obtenu son diplôme de l'école secondaire locale de Dundas. Il a appris le français et l'allemand à l'école, ce qui l'a rendu très précieux pour ses officiers et le major de son régiment! Étant donné qu'il connaissait l'allemand, le hollandais et le français, il a souvent fait partie de missions de reconnaissance en qualité d'interprète. Pendant ses études, il a également suivi des cours par correspondance donnés par le Collège d'agriculture de l'université de Guelph.

Avant la guerre, il était employé par la laiterie Woodhall, à Hamilton.

Il s'adonnait à de nombreux passe-temps :

Il chantait en s'accompagnant à la guitare ou à l'harmonica (il possédait plusieurs guitares). Il faisait souvent partie du programme de divertissement de son église avec ses instruments de musique.
Il suivait des cours de violon.
Le hockey était l'un de ses sports favoris. Il adorait écouter « Hockey Night in Canada » (La soirée du hockey)! Le samedi soir, il collait l'oreille à la radio (son père n'aimait pas le bruit qui s'en dégageait). Cependant, lorsqu'une équipe comptait un but, il sautait, applaudissait puis sa mère, en tricotant à la lueur de la lampe lui disait : « Hei jonce dohlist me skrille », ce qui signifiait « Mon enfant, tu me déranges! »
Il aimait aussi le base-ball.
Il adorait patiner. Il a même trouvé une paire de vieux patins en Hollande pendant la guerre, les a chaussés et a patiné pendant plus d'une heure sur les canaux!
Il aimait faire du toboggan sur les collines d'Ancaster.
Il faisait des randonnées pédestres en forêt.
Il adorait faire des excursions avec sa soeur Gert jusqu'à « Devil's Elbow », à Ancaster.
Il aimait marcher dans le cours d'eau qui provenait des chutes sur leur propriété.
Il aimait conduire le tracteur et labourer les champs.
Il remplissait le silo.
Il procédait au battage avec les voisins.
Et il adorait déguster ses tartes préférées!
En 1942, mon oncle s'est enrôlé dans l'armée parce qu'il estimait que c'était la chose honorable à faire! De nombreux jeunes hommes des paroisses locales de l'Église réformée s'étaient déjà engagés, dont certains qu'il connaissait assez bien. Il était également encouragé par les médias d'information à s'enrôler et à se rendre à l'étranger avec les Forces armées. Il était patriote et prêt à combattre pour son pays.

À ce moment, mon oncle n'a pas hésité à prendre la décision de s'enrôler. Ce fut cependant plus difficile pour lui et sa famille lorsque vint le moment de partir enfin à l'étranger et de combattre! Il avait fréquenté différents camps d'instruction tels que le Camp Niagra et le Camp Sussex. Cependant, il pouvait encore revenir à la maison pour de courts séjours auprès de sa famille et de ses amis. Avant de se rendre à l'étranger, il est allé visiter sa soeur aux États-Unis où elle étudiait. Semble-t-il que toutes les filles sont tombées follement amoureuses de lui! Puis, le jour du départ est arrivé. Ma tante et mon grand-père l'ont accompagné à la gare centrale de Hamilton pour ne jamais plus le revoir.

Mon oncle s'est joint aux Dufferin-Haldimand Rifles en 1942 et il a été promu lieutenant-caporal, mais il n'aimait pas avoir une telle responsabilité. Il a donc été muté au régiment Algonquin au cours de la même année. Ce régiment avait une devise vaillante, soit « Ne-Ka-Ne-Tah » , ce qui signifie « Nous dirigeons - vous suivez » .

Pendant sa formation et en combattant avec ce régiment, il a accompli beaucoup de choses! Il a fait de l'exercice, des parcours du combattant (au cours desquels certains soldats ont même perdu la vie), nettoyé des fusils, (un de ses compagnons âgé de 19 ans a perdu la vie pendant que son copain nettoyait son fusil en pensant que la chambre à poudre était vide et que ce n'était pas le cas. Le coup est parti et le jeune homme l'a reçu en plein visage.) Les soldats nettoyaient les véhicules, l'artillerie et d'autre matériel. Il polissait ses bottes et ses boutons, nettoyait ses vêtements et cousait des boutons sur son uniforme. Parfois, on le tirait du lit en pleine nuit pour participer à des excursions. Il pratiquait l'adresse au tir avec son fusil à courte et à longue portée. Il grimpait aux arbres, creusait des tranchées et des trous de tirailleurs, vivait dans la forêt, construisait des abris avec des arbres et y dormait la nuit. Ses compagnons et lui simulaient des confrontations avec l'ennemi. Lorsque son régiment s'approchait des Allemands sans faire de bruit, plutôt que de démarrer les jeeps, les camions ou tout ce qui servait à attaquer l'ennemi, les soldats utilisaient leur seule force pour pousser le tout en place. Il a fait le guet (je crois que c'était surtout au Camp Niagra), habituellement sur le quart de 18 h à 3 h, ce qui ne le dérangeait pas. Il a également participé à de nombreuses missions de reconnaissance en qualité d'interprète pour son commandant.

Il avait des amis au Canada, dans les églises locales, avec lesquels il parlait et jouait souvent. Cependant, une fois rendu à l'étranger, il a dû se faire de nouveaux amis avec lesquels parler et échanger. Pour lui et ses amis chrétiens, les cantines de l'Armée du Salut étaient des endroits tout indiqués pour se réconforter et fraterniser! Mon oncle s'y rendait avec ses « commandos chrétiens » (désignation des soldats chrétiens. Ce nom était aussi celui d'un groupe formé pour appuyer les soldats chrétiens. Il faisait parvenir des pamphlets aux soldats outre-mer pour les encourager et les aider à progresser dans leur foi.) Pendant qu'il était à l'étranger, de 1943 à 1945, mon oncle était toujours attitré à un officier qui, habituellement, n'était pas chrétien. Ainsi, il avait toujours l'occasion de parler du Seigneur!

Pendant la guerre, toutes les lettres adressées à la famille au pays étaient censurées, c'est-à-dire que tout renseignement militaire en était supprimé (emplacement précis, déroulement d'une bataille, renseignements relatifs à toute bataille à venir, etc.). Par conséquent, la famille de Gaele ne pouvait jamais repérer exactement l'endroit où il se trouvait, mais seulement la région ou le pays. Cependant, le père de mon oncle (mon arrière-grand-père) a servi dans la Première Guerre mondiale. Il avait donc toujours une idée de l'endroit où se trouvait Gaele parce que mon oncle décrivait le paysage. Une fois, vers la fin de la guerre, mon oncle a écrit ce qui suit :

« Je tiens de bonne source que ma lettre ne sera pas censurée, je vous écris donc...» puis, quelque chose suivit. Grâce à cette lettre mon arrière-grand-père pouvait presque repérer exactement où Gaele combattait. Plus tard, il a inscrit tous les détails sur une carte de l'Europe afin de suivre ses déplacements. Cependant, vers la fin de la guerre, les lettres n'étaient pas aussi censurées et quelques histoires se sont rendues au pays.

Voici quelques extraits de ses lettres :

En service actif auprès des Forces canadiennes
Chemin L. Macleod's
Le jeudi 4 novembre 1943

Chère Jennie,

... « Dimanche dernier, au cours de l'après-midi, une tragédie s'est produite dans l'un de nos postes avoisinants. Une sentinelle qui faisait sa ronde, selon sa version, a trébuché et, en tombant, a déchargé son fusil accidentellement. Cependant, hier, sous la pression constante d'un interrogatoire du conseil mixte d'enquête, il a admis avoir chargé illicitement son fusil et, en le changeant d'épaule, il a passé le fusil brusquement par-dessus sa tête et, ce faisant, son pouce a touché la gâchette. La balle a ensuite parcouru plus de 200 verges évitant six poteaux téléphoniques, traversant une clôture et passant par-dessus la route. Ensuite, à quelque dix verges de la route se trouve un abri où les gardiens passent la nuit. La balle l'a traversé. Un seul homme y dormait à ce moment. Cependant, il semble que son heure était venue. Rien ne lui serait arrivé si une barre de fer soutenant le montant du lit ne s'était trouvée dans la trajectoire de la balle. Celle-ci a dévié sur la barre et, même si elle avait pu tout aussi bien bifurquer vers le haut, elle s'est dirigée vers le bas, atteignant le soldat à la tête, lui infligeant une blessure béante sur le côté de la tête et emportant une partie de son cerveau. Il est décédé sur la table d'opération de l'hôpital militaire de Hamilton. Encore une fois, voilà la preuve qu'il n'est pas nécessaire de se trouver sur le champ de bataille pour être tué. Dimanche soir, j'ai assisté aux services religieux du centre évangélique. Tu te rappelles sans doute de l'époque où ils étaient diffusés à la radio chez nous avec le révérend Street et son épouse qui chantaient accompagnés à la guitare. Il avait prononcé un sermon merveilleux dans 2 Corinthiens 4 : 3-4, très pertinent après ce qui s'est passé au poste. » ...

Au revoir et à plus tard,
Affectueusement, Gaele
« Maintiens le contact avec les gens de chez nous »
En service actif auprès des Forces canadiennes
Hollande
Avril 1945

Chère Jennie,

Nous sommes en pleine tourbière, où il est difficile de faire avancer les chars. Ici, les fermes sont occupées par des mitrailleuses, des tirs de bazookas, des tranchées de tir et des occupants ennemis des plus fanatiques. Je l'ai échappé belle! Je devais conduire des Allemands à l'arrière de la ligne par mesure de sécurité. J'ai failli être touché par un tireur isolé. Apparemment, celui-ci a tiré sur moi au jugé, mais il a attrapé un des gars que j'accompagnais. Avant de rendre son dernier soupir, il s'est efforcé de dire « Heil Hitler ». En déployant un grand effort, il a levé la main et salué. C'est effrayant! Quelle façon d'entrer dans l'éternité.

Affectueusement, Gaele
« Maintiens le contact avec les gens de chez nous »
En service actif auprès des Forces canadiennes
Allemagne
Le 13 avril 1945

Chère Jennie,

... « Il y a quelque temps, nous avons libéré un camp de concentration qui, selon la rumeur, était depuis 1933 la scène du pire holocauste. Étant donné qu'un si grand nombre de prisonniers avaient été déplacés, s'étaient échappés ou avaient été tués, lorsque nous sommes arrivés, nous n'avons trouvé que des malades et des vétérans de la Première Guerre mondiale qui étaient des surveillants vêtus de leur ancien uniforme de la Première Guerre mondiale. Les prisonniers étaient tous atteints de tuberculose et d'autres maladies que je ne mentionnerai pas. Il y avait des buttes dans un champ à proximité, un pied en ressortait et j'ai essayé de courir, mais mon officier m'en a empêché.

Affectueusement, Gaele

Le 16 avril 1945, mon oncle écrivit une de ses dernières lettres à sa famille. Elle se terminait par une phrase merveilleuse qui affirmait que sa foi en Dieu était encore inébranlable après trois ans de service dans l'armée! Voici cette lettre :
En service actif auprès des Froces candiennes
Allemagne
Le 16 avril 1945

Chère Jennie,

... « Me voilà revenu en plein territoire ennemi. Le pays est très plat. As-tu reçu mon obligation de la Victoire? Si j'obtiens une permission, je me rendrai en Angleterre. Je devrais avoir un congé dans deux semaines. Si Friesland a été libéré, c'est là que j'irai. Papa, un fermier d'Almelo, Gelderland, m'a dit qu'il envoyait son lait à la même personne chez qui tu avais l'habitude d'aller. L'inconvénient de combattre dans un canal est que le côté allemand possède le mur le plus haut et que les soldats allemands peuvent tirer sur nous vers le bas. Pendant la nuit, nous avançons dans des fossés remplis de sang. Le sol est détrempé, et il est difficile d'avancer. Si Dieu le veut, je vous écrirai une plus longue lettre la prochaine fois. En attendant, je remets mon âme entre ses mains.

Affectueusement, Gaele
Le 23 avril 1943, mon oncle Gaele et son officier se trouvaient à la division des moeurs près de Wilhelmshaven, en Allemagne. Ce jour-là, mon oncle est entré dans un immeuble devant son officier il a été abattu dans l'entrée de porte. C'était une semaine avant que ses compagnons d'armes cessent de combattre et deux semaines avant la capitulation totale des Allemands.

Le corps de mon oncle a d'abord été inhumé en Allemagne avec ses compagnons d'armes, mais on l'a transporté plus tard aux Pays-Bas. Sa dépouille repose maintenant dans le cimetière de Holten, à Overijssel, aux Pays-Bas, entourée de celle d'autres soldats canadiens. Le 4 mai 2002, une cérémonie a eu lieu dans ce cimetière en souvenir de ceux qui ont perdu la vie en défendant les Pays-Bas. Ce jour-là, un maire frison a souligné la mort de mon oncle en déposant une couronne de fleurs sur sa tombe. On lui a rendu hommage parce qu'il était un descendant néerlandais tombé au champ d'honneur.

Vous en savez maintenant davantage sur la vie d'un soldat canadien ayant combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Tout comme moi, vous pouvez maintenant apprécier les sacrifices consentis pour la liberté d'autrui. Vous pouvez donc comprendre que le soldat Gaele Visser était vraiment un héros! Mon héros!
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